Psychothérapie avec l'enfant.

Gestalt-thérapie avec l'enfant

Un enfant ?

Pour le thérapeute que je suis, un enfant est un jeune (-9 mois à 18-20 ans) en construction dans un rapport d'accompagnement, de dépendance et d'influence permanente avec ses parents (ou ses tuteurs) et avec certains autres adultes comme ses enseignants, la famille. Son autonomie est incomplète et se complète en permanence durant cette période, jusqu'à l'adolescence et cela poursuivra plus tranquillement à l'age adulte.

Compléments

L'enfant ne peut assurer que partiellement et progressivement par lui-même ses besoins de sécurité, de communicaion, de subsistance, de liens avec les autres. Il a ainsi besoin pour vivre dans la société ou pour y survivre, d'être accompagné par une ou des personnes dans un rapport d'attachement (voir la théorie de l'attachement à ce sujet), de parentage et d'autorité (autorité de celui auteur et responsable de lui-même et de ce qu'il fait, il sait par son expérience de la vie, et non pas d'autoritarisme).

Ces personnes subviennent à ses besoins, l'élèvent et l'éduquent vers l'autonomie, assurent sa protection, sont responsables des actes qu'il pose. L'enfant est en construction permanente et intensive de sa personne et de sa manière d'être au monde.

Pendant cette période (-9 mois à 18-20 ans), il fait face et assimile massivement de nouvelles expériences qui sont des premières fois et peuvent pour certaines marquer l'enfant de leur empreinte.

Le rôle (ici simplifié) de l'enfant est de grandir et d'apprendre en jouant (essayer, se tromper, progresser) jusqu'à acquérir de l'autonomie et devenir un adulte. S'il rencontre des difficultés auxquelles il ne peut pas faire face sans trop de souffrance, il est empêché. Pas seulement en classe où il est empêché d'apprendre (difficultés scolaires notamment) mais aussi dans sa croissance psychique et parfois physique, dans ses relations aux autres, dans sa comphéhension du monde, dans son autonomisation.

Un enfant qui interrompt peu ou prou sa croissance engage sa construction et son avenir.

Tour à tour accompagné et seul en séance

Ce dont il va être question dans la thérapie se tient en grande partie dans la relation et dans le rapport que l'enfant entretient avec ses parents ou tuteurs. L'enfant dispose d'une part d'autonomie croissante, ce qu'il sait s'est inscrit en lui. Certains messages éducatifs, les exemples autour d'eux, les savoirs-être et savoirs-faire, l'exposition à des scènes traumatiques (pornographie, violences physiques ou psychiques, surinformation, mésentente, séparations, maladies, accidents...), les expériences et ambiances traversées peuvent le restreindre, le rendre malheureux, le rendre malade (notamment les enfants HYPERSENSIBLES). Il sera ainsi tour à tour accompagné en séance par un des parents et reçu seul avec le thérapeute.

Compléments

Ces deux façons de recevoir l'enfant s'entremêlent dans les séances. La thérapie du rapport de l'enfant avec le monde et avec ses éducateurs (parents, tuteurs), et la thérapie du rapport de l'enfant avec lui-même, sur ce qu'il a déjà ingéré et constitue sa personne en propre (son autonomie, ses blessures, ses expériences, son histoire, le rapport avec ses tuteurs...). La première se fait plutôt en présence des parents (père, mère, à part égale si possible), la seconde plutôt en face à face, l'enfant avec le thérapeute (si la sécurité de l'enfant le permet). Parfois la famille (parents, frères et soeurs) est conviée aux séances quand les difficultés le nécessitent.

En résumé, pour les thérapies d'enfant, je peux être amené suivant les circonstances à recevoir l'enfant avec ses parents puis l'enfant sans ses parents et je termine parfois les séances avec tous les consultants. Le parent est informé en présence de l'enfant de ce qu'il se passe quand il n'est pas présent (dans la mesure d'une certaine confidentialité ajustée en fonction de la nature des événements).

Particularité de l'accompagnement thérapeutique avec l'enfant

Le jeu comme média pour être ensemble

Avec un enfant, le langage parlé n'est pas toujours le moyen le plus juste pour être avec lui, cela ne suffit pas. Sans l'écarter, car le langage est transporté par la voix, qui donne une tonalité à la relation (calmer, rassurer, grogner, être joyeux...), c'est dans le FAIRE que nous allons nous rencontrer avec l'enfant. Les jeux facilitent le faire ensemble.

Les jeux proposés, le dessin, les histoires ne sont pas des exercices pour le simple plaisir ou pour l'entrainement à une habilité mais des procédés relationnels, ainsi le thérapeute joue avec l'enfant (par exemple construire un édifice avec des Kapla, dessiner ensemble, danser), il s'instaure un dialogue par ce biais.

Ce dialogue est une mise en acte (on joue de telle ou telle manière) qui est concomitamment enrichi par la verbalisation, ce qui permet de mettre des mots sur ce qu'il se passe, d'étendre le vocabulaire (notamment émotionnel), même d'expliquer à l'enfant certains phénomènes relationnels.

Le thérapeute oscille en permanence de sa nature d'enfant qui est en lui en se mettant à hauteur de son interlocuteur, à l'adulte qui accompagne, console, soutien, encourage, explique.

Accompagnement émotionnel

Un autre volet concerne les émotions, comment faire avec ce que l'enfant éprouve et ressent ? Les enfants apprenent tout au long de leur enfance (et d'ailleurs tout au long de la vie), comment faire avec ce qui arrive. Cela se fait naturellement avec les parents qui transmettent en permanence des messages émotionnels (entre autre), souvent non conscients, ces messages vont servir de ferment aux enfants, ce qui les imprègnent.

Comment ne pas trop souffrir avec les événements, les traumatismes, les échecs, les incapacités, la maladie, les relations, les séparations, les difficultés scolaires... L'apprentissage émotionnel des parents ne suffit pas toujours quand les parents sont pris dans leurs méandres (d'enfance notamment), n'ont pas de solution, ni d'attitude aidantes. Il y a alors à enrichir cet  apprentissages émotionnel des parents par d'autres apports. Quand cela ne se fait pas, ce sont les CORPS qui parlent (maux de ventre, fragilités, phobies, peurs, cauchemars, retrait de la joie et de la légèreté, SURDOUANCE et PRÉCOSITÉ scolaire et sociale, DÉCROCHAGE, inhibition émotionnelle, etc.).

Le travail thérapeutique va alors consister à accompagner l'enfant à développer son système émotionnel avec les aléas de la période d'enfance (école, copains, sport, collectivité, solitude, parents en souffrance ou séparation, familles recomposées...).

Autres aspects particuliers et importants liés à l'accompagnement des enfants

- Problématique liées à l'attachement. Ces situations demandent un fort et long investissement des parents dans la thérapie qui devient la thérapie non de l'enfant seul mais principalement de la diade enfant-mère.

- Enfants devenus adultes par l'exposition à des situations que ne leur sont pas destinées (séparation des parents, deuils, maladies, handicap d'un collatéral, pornographie).